enfant exploité

Photo: Le Devoir
Au Bangladesh, il y a quelques années, «si une femme cherchait du travail dans l'industrie textile, on lui demandait si elle avait des enfants. Si c'était le cas, on donnait du travail aux enfants, sinon, on lui donnait du travail, mais au tarif d'un enfant», trois à cinq fois inférieur au salaire normal, ce qui a laminé les rémunérations du secteur, dit-il. À la pire époque, l'industrie textile du Bangladesh employait une main-d'oeuvre à 60 % mineure, explique M. Kearney, en marge du congrès de la CISL.
Aujourd'hui, les pires formes d'exploitation des mineurs sont en recul dans certaines régions du globe, se félicitent les syndicats. Mais 100 millions d'enfants ne sont jamais allés à l'école et travaillent dans l'agriculture, les fabriques de briques (Inde ou Pakistan) ou dans les cafés ou sur les marchés (Amérique latine), dénoncent-ils.
Un espoir
Pour le syndicaliste suédois Ulf Edström, qui travaille au Bureau international du travail (BIT) à Genève, certains gouvernements de pays pauvres ont compris qu'en ne combattant pas le travail des enfants, ils «hypothèquent leur futur».
En République dominicaine, «la population a pris conscience» du problème, grâce notamment à des programmes lancés par le BIT, «et ces enfants retournent peu à peu à l'école», témoigne Mariano Negron Tejada. «Dans le cadre de ces programmes, on verse un petit pécule à la famille, qui peut alors lancer une petite activité commerciale, et l'enfant n'a plus besoin de travailler», assure ce syndicaliste.
Toutefois, le journaliste Samuel Grumiau, qui collecte des témoignages pour le compte de la CISL, est plus sceptique, observant que la misère des familles, qui contraint les enfants à travailler, n'a pas disparu.
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